Endométriose et fatigue chronique : quel lien ?

Dormir huit heures et se réveiller malgré tout épuisée. Avoir besoin de récupérer après une journée pourtant ordinaire. Manquer d’énergie pour travailler, sortir ou simplement accomplir les tâches du quotidien…

Chez certaines femmes atteintes d’endométriose, la fatigue peut devenir presque aussi difficile à vivre que les autres symptômes de la maladie.

Et il ne s’agit pas toujours d’une simple envie de dormir.

L’endométriose peut s’accompagner d’une fatigue importante et persistante, susceptible d’avoir un véritable impact sur la vie quotidienne. La fatigue fait d’ailleurs partie des symptômes rapportés chez les personnes atteintes d’endométriose.

Mais pourquoi l’endométriose peut-elle épuiser autant ? Existe-t-il réellement un lien direct ? Et surtout, que peut-on faire lorsque cette fatigue commence à prendre trop de place ?

L’endométriose, c’est quoi exactement ?

L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle des cellules similaires à celles de la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus se développent ailleurs dans l’organisme.

Elle peut notamment être associée à :

  • des règles très douloureuses ;

  • des douleurs pelviennes ;

  • des douleurs pendant ou après les rapports sexuels ;

  • des troubles digestifs ou urinaires cycliques ;

  • des règles abondantes ;

  • des difficultés à concevoir ;

  • une fatigue importante.

Les symptômes sont très variables d’une personne à l’autre.

Certaines femmes présentent peu de symptômes tandis que d’autres voient leur travail, leurs études, leurs activités sociales ou leur quotidien profondément perturbés.

La fatigue est-elle vraiment un symptôme de l’endométriose ?

Oui.

La fatigue est fréquemment rapportée par les femmes atteintes d’endométriose et elle est aujourd’hui reconnue comme pouvant faire partie des manifestations de la maladie.

Les recommandations britanniques NICE décrivent notamment l’endométriose comme une affection chronique susceptible de provoquer des douleurs aiguës ou chroniques ainsi que de la fatigue, avec parfois des conséquences importantes sur la qualité de vie.

Mais cette fatigue n’a probablement pas une seule origine.

Dans de nombreux cas, plusieurs facteurs peuvent se cumuler.

Pourquoi l’endométriose peut-elle provoquer autant de fatigue ?

La fatigue associée à l’endométriose peut être complexe.

Il est difficile d’identifier une seule cause, car le sommeil, les douleurs, les saignements, le stress ou encore certains traitements peuvent tous entrer en jeu.

1. Vivre avec des douleurs répétées est épuisant

Lorsqu’une personne doit régulièrement composer avec des douleurs pelviennes ou menstruelles importantes, son organisme est constamment sollicité.

La douleur demande de l’énergie.

Elle peut rendre plus difficiles :

  • la concentration ;

  • les déplacements ;

  • le travail ;

  • le sommeil ;

  • les activités physiques ;

  • les interactions sociales.

Et lorsque cette situation se répète chaque mois, voire pendant une grande partie du cycle, une fatigue générale peut progressivement s’installer.

2. Les douleurs peuvent perturber le sommeil

Il est possible de passer suffisamment de temps au lit sans réellement bénéficier d’un sommeil réparateur.

Les crampes, les tensions dans le bas du dos, les douleurs pelviennes ou les troubles digestifs peuvent provoquer :

  • des difficultés à s’endormir ;

  • des réveils nocturnes ;

  • un sommeil plus léger ;

  • une difficulté à trouver une position confortable.

Après plusieurs nuits perturbées, l’accumulation de fatigue peut devenir importante.

Et un cercle difficile peut parfois se former :

douleur → mauvais sommeil → fatigue → quotidien plus difficile → récupération insuffisante.

3. Des règles abondantes peuvent favoriser une carence en fer

Certaines personnes atteintes d’endométriose présentent également des règles abondantes.

Or, des pertes sanguines importantes peuvent favoriser une carence en fer et, dans certains cas, une anémie.

Une carence en fer peut notamment provoquer :

  • une grande fatigue ;

  • une sensation de faiblesse ;

  • un essoufflement inhabituel ;

  • des vertiges ;

  • des difficultés de concentration ;

  • une diminution des performances physiques.

C’est pourquoi une fatigue importante ne doit pas automatiquement être attribuée à l’endométriose elle-même.

Un professionnel de santé pourra, si nécessaire, rechercher une éventuelle carence ou une autre cause de fatigue.

4. L’inflammation pourrait également jouer un rôle

L’endométriose est associée à des phénomènes inflammatoires.

L’inflammation et les réponses immunitaires qui accompagnent la maladie font partie des pistes étudiées pour mieux comprendre certains symptômes, notamment la fatigue.

Il serait toutefois trop simpliste de considérer l’inflammation comme l’unique explication.

La fatigue liée à l’endométriose est probablement multifactorielle : plusieurs mécanismes peuvent intervenir simultanément.

5. La charge mentale liée à une maladie chronique peut fatiguer

Vivre avec une maladie chronique ne sollicite pas uniquement le corps.

Il faut parfois :

anticiper ses règles, organiser son travail autour des périodes difficiles, prévoir ses déplacements, gérer les rendez-vous médicaux, expliquer ses absences ou encore renoncer à certaines activités.

Sans oublier l’incertitude liée aux symptômes :

« Est-ce que je vais pouvoir faire ce que j’avais prévu aujourd’hui ? »

Cette charge mentale peut contribuer à une sensation permanente d’épuisement.

L’endométriose peut également avoir un impact important sur le bien-être psychologique, les relations, le travail et la vie sociale.

6. Certains traitements peuvent également influencer l’énergie

Les traitements utilisés dans la prise en charge de l’endométriose peuvent varier selon les symptômes et les besoins de chaque personne.

Chez certaines femmes, certains traitements hormonaux ou médicaments peuvent entraîner des effets secondaires, parmi lesquels une sensation de fatigue peut parfois apparaître.

Si vous remarquez une forte diminution de votre énergie après avoir commencé ou changé un traitement, il est important d’en parler avec votre médecin plutôt que de l’arrêter seule.

Fatigue chronique et syndrome de fatigue chronique : est-ce la même chose ?

Non.

Le terme fatigue chronique est souvent utilisé dans le langage courant pour décrire une fatigue qui dure longtemps.

Mais cela ne signifie pas automatiquement qu’une personne souffre du syndrome de fatigue chronique, également appelé encéphalomyélite myalgique (EM/SFC), qui correspond à une maladie spécifique avec ses propres critères diagnostiques.

Une personne atteinte d’endométriose peut donc ressentir une fatigue persistante sans présenter un syndrome de fatigue chronique.

Si la fatigue devient très importante, dure plusieurs semaines ou mois ou ne semble pas directement liée au cycle, une consultation médicale permet de rechercher d’autres explications.

Pourquoi la fatigue peut-elle être plus forte pendant les règles ?

Chez certaines femmes, l’épuisement semble atteindre son maximum juste avant ou pendant les menstruations.

Plusieurs facteurs peuvent alors se cumuler :

  • les variations hormonales ;

  • les crampes menstruelles ;

  • les douleurs pelviennes ;

  • un sommeil perturbé ;

  • les saignements ;

  • les troubles digestifs ;

  • la diminution de l’activité habituelle.

Une journée qui serait normalement facile à gérer peut alors demander beaucoup plus d’énergie.

Pourquoi est-il parfois difficile de faire comprendre cette fatigue ?

La fatigue ne se voit pas toujours.

Une personne peut sembler parfaitement en forme et pourtant avoir l’impression d’avoir épuisé toutes ses réserves d’énergie.

C’est particulièrement difficile lorsque l’entourage assimile cette fatigue à un simple manque de sommeil.

« Tu devrais te coucher plus tôt. »

« Repose-toi ce week-end. »

« Tu as pourtant bien dormi. »

Mais lorsque plusieurs facteurs liés à une maladie chronique se cumulent, une nuit de sommeil supplémentaire ne suffit pas nécessairement à retrouver immédiatement son énergie.

Cette fatigue peut avoir des conséquences très concrètes sur la capacité à travailler, faire du sport, s’occuper de ses enfants ou maintenir une vie sociale.

Comment mieux gérer la fatigue liée à l’endométriose ?

Il n’existe malheureusement pas une technique unique capable de supprimer la fatigue.

Mais certaines habitudes peuvent aider à mieux gérer son énergie au quotidien.

Apprendre à repérer les périodes difficiles de son cycle

Noter vos symptômes pendant plusieurs mois peut permettre d’identifier certaines tendances.

Vous pouvez suivre :

  • votre niveau d’énergie ;

  • vos règles ;

  • vos douleurs ;

  • votre sommeil ;

  • vos ballonnements ;

  • votre activité physique.

Vous remarquerez peut-être que certaines journées sont systématiquement plus difficiles.

Cela peut permettre, lorsque votre quotidien le permet, de mieux organiser votre emploi du temps.

Adapter son rythme lorsque c’est possible

Certains jours, maintenir exactement le même rythme coûte énormément d’énergie.

Il peut alors être utile d’adapter temporairement certaines activités.

Cela peut vouloir dire :

  • reporter une tâche non urgente ;

  • prévoir davantage de pauses ;

  • éviter de remplir complètement son agenda ;

  • travailler dans une position plus confortable ;

  • demander de l’aide ;

  • privilégier une activité douce plutôt qu’intense.

Adapter son rythme ne signifie pas nécessairement arrêter toute activité.

Il s’agit plutôt d’éviter d’épuiser complètement ses réserves lorsque l’on sait que son corps traverse une période plus difficile.

Protéger son sommeil

Lorsque la fatigue est déjà présente, la qualité du sommeil devient particulièrement importante.

Essayez autant que possible de conserver :

  • des horaires relativement réguliers ;

  • une chambre calme et sombre ;

  • une période plus tranquille avant le coucher ;

  • une température confortable ;

  • suffisamment de temps consacré au sommeil.

Lorsque ce sont les douleurs qui perturbent régulièrement vos nuits, il est important d’en parler à un professionnel afin d’améliorer leur prise en charge.

Continuer à bouger selon ses capacités

Lorsqu’on est épuisée, l’idée même de faire du sport peut sembler impossible.

Il n’est pas nécessaire de se forcer à pratiquer une activité intense.

Une marche tranquille, quelques mouvements doux ou une activité adaptée à votre niveau d’énergie peuvent être plus réalistes.

Le plus important est de trouver un équilibre entre activité et récupération.

Les données disponibles ne permettent cependant pas d’affirmer qu’un régime alimentaire ou un programme d’exercice particulier réduit spécifiquement la fatigue liée à l’endométriose. NICE souligne d’ailleurs le manque de recherches de haute qualité dans ce domaine.

Faire vérifier une fatigue inhabituelle

C’est un point particulièrement important.

Avoir de l’endométriose ne signifie pas que toute fatigue vient forcément de l’endométriose.

Une fatigue persistante peut également être associée à de nombreuses autres situations :

  • carence en fer ;

  • anémie ;

  • problème de thyroïde ;

  • carences nutritionnelles ;

  • troubles du sommeil ;

  • effets secondaires de médicaments ;

  • stress important ;

  • autres problèmes de santé.

Si votre fatigue devient inhabituelle ou difficile à supporter, il est donc préférable de rechercher sa cause plutôt que de simplement apprendre à vivre avec.

Endométriose : faut-il apprendre à vivre avec l’épuisement ?

Non.

L’endométriose est une maladie chronique, mais cela ne signifie pas que vous devez accepter sans accompagnement des symptômes qui bouleversent votre quotidien.

Si les douleurs ou la fatigue ont des conséquences importantes sur votre travail, vos études ou vos activités quotidiennes, il est recommandé d’en parler à un professionnel de santé. Les recommandations NICE prévoient notamment une orientation vers un service de gynécologie lorsque les symptômes ont un impact important sur les activités quotidiennes ou persistent malgré une première prise en charge.

L’objectif est de rechercher les différentes causes possibles et de trouver une prise en charge adaptée à votre situation.

Retrouver davantage de confort pendant les périodes difficiles

Lorsque l’on vit avec des règles difficiles, chaque source d’inconfort supplémentaire peut demander de l’énergie.

Créer une routine plus douce pendant cette période peut donc être particulièrement appréciable.

Vêtements confortables, repos, chaleur, organisation différente de la journée… L’objectif est avant tout de trouver ce qui fonctionne pour vous.

Lorsque vos règles s’accompagnent de crampes menstruelles, Lunaa peut également s’intégrer à votre routine de bien-être.

Lunaa se place sur le bas-ventre et propose des mini-massages réglables afin de vous aider à rendre les crampes plus supportables.

Grâce à son Patch Papillon sans fil, il peut être porté discrètement sous les vêtements lorsque vous souhaitez poursuivre votre journée.

Lunaa n’est pas un traitement de l’endométriose et n’agit pas sur la fatigue chronique. Il s’agit d’une solution de bien-être destinée à vous apporter davantage de confort face aux crampes menstruelles.

Quand consulter en cas de fatigue importante ?

Il est conseillé de demander l’avis d’un professionnel de santé lorsque :

  • votre fatigue persiste plusieurs semaines ;

  • elle s’aggrave progressivement ;

  • elle vous empêche de travailler ou d’accomplir vos activités habituelles ;

  • vous êtes essoufflée de façon inhabituelle ;

  • vous ressentez régulièrement des vertiges ou une faiblesse importante ;

  • vos règles sont particulièrement abondantes ;

  • votre sommeil ne semble jamais réparateur ;

  • ou votre état vous inquiète.

Un bilan peut permettre de vérifier notamment l’absence d’anémie ou d’une autre cause susceptible d’expliquer cette fatigue.

À retenir

Oui, il existe bien un lien entre endométriose et fatigue importante.

La fatigue fait partie des symptômes fréquemment rapportés par les personnes atteintes d’endométriose.

Mais elle n’a pas forcément une seule cause.

Douleurs répétées, mauvais sommeil, règles abondantes, éventuelle carence en fer, charge mentale et autres facteurs peuvent se combiner et donner cette sensation d’être constamment épuisée.

C’est pourquoi une fatigue persistante ne doit pas simplement être considérée comme quelque chose qu’il faut supporter.

Si votre énergie diminue au point d’affecter votre vie quotidienne, parlez-en à un professionnel de santé.

Comprendre l’origine de cette fatigue constitue déjà une première étape pour pouvoir mieux la prendre en charge.